Type G et dispositifs à courant différentiel résiduel : quelles sont les différences ?

Dernière modification: 21/07/2023

LA QUESTION :

Quelles sont les différences entre les disjoncteurs différentiels et les protections contre les défauts à la terre de type G ?

 

CONSIDÉRATIONS :

Parmi les causes possibles de choc électrique, il y a les contacts indirects : à la suite d’une mise à la terre, par exemple causée par une isolation défectueuse, le courant peut circuler à travers une partie conductrice exposée, et une personne peut mourir si elle la touche.

Les dispositifs de type G et les dispositifs à courant résiduel fonctionnent tous deux pour protéger contre les contacts indirects (protection contre les défauts) et agissent tous deux selon le même principe. Dans une distribution normale du courant triphasé, la somme vectorielle des courants des trois phases (et du neutre, s’il est distribué) est nulle. En cas de défaut à la terre, la phase impliquée dans le défaut subit une variation significative et nous avons une somme non nulle. Les deux types de protection agissent en maintenant sous contrôle la somme vectorielle des trois phases (et du neutre, s’il est distribué), en interrompant le circuit lorsque la somme n’est pas nulle. Quelle est donc la différence ?

 

Les interrupteurs avec la courbe G (comme dans Ground Fault) fonctionnent avec une commande électronique : Les disjoncteurs à boîtier moulé utilisent des TA de phase pour contrôler le courant afin de garantir la protection contre les surintensités ; ces mêmes TA de phase, en détectant le courant pour chaque phase et, séparément, la tension, recréent les vecteurs de courant et calculent ensuite la somme des vecteurs : si la somme n’est pas nulle, l’interrupteur se déclenche. Les TA de phase ne sont pas extrêmement précis et l’erreur de calcul pourrait déclencher fréquemment l’interrupteur s’il est calibré à une faible valeur de courant ; pour éviter les déclenchements inutiles, la sensibilité de la courbe G peut être calibrée à des valeurs égales ou supérieures à 0,2 In. Étant un instrument électronique, il est très polyvalent, le courant d’intervention et tout délai programmé peuvent être programmés en fonction des besoins.

Les dispositifs à courant résiduel, ou RCD, fonctionnent par une mesure physique des 3 phases : les câbles passent à travers un tore, une somme non nulle déclenche l’interrupteur et interrompt le circuit. Cette méthode de mesure est beaucoup plus précise et permet donc de compter sur ce type de protection pour des applications à haute sensibilité, comme l’usage domestique. La législation impose des DDR d’une sensibilité de 30 mA pour l’Europe, de 6 mA pour l’Amérique du Nord. Dans ce cas également, les fabricants proposent des modèles plus complexes, dont la sensibilité et les temps d’activation sont modifiables, afin de favoriser la sélectivité entre les protections des installations, par exemple dans le secteur industriel.

 

 

CONCLUSION

Les DDR et les interrupteurs à courbe G ont le même objectif, la protection contre les défauts, et le même principe de base, l’activation en fonction de la variation de la somme vectorielle des courants. Les différences se situent au niveau de la façon de mesurer la somme des courants et de la sensibilité à laquelle ils peuvent fonctionner.