Dernière modification: 14/08/2026
Il existe plusieurs idées reçues concernant le danger que peuvent représenter les poussières combustibles. En voici quelques-unes :
- Les explosions de poussières ne se produisent que dans les mines de charbon et les silos à grains.
- Une grande quantité de poussière est nécessaire pour provoquer une explosion.
- Les explosions de gaz sont toujours beaucoup plus violentes que les explosions de poussières.
- Supprimer l’oxygène rend automatiquement la situation sûre.
- Il n’y a aucun problème si la poussière n’est pas visiblement en suspension dans l’air.
Je suis d’accord : il s’agit bien d’idées reçues. Cependant, comme me l’a dit un collègue il y a de nombreuses années : « Si toutes les poussières décrites comme dangereuses, dans les analyses de risques que je lis, étaient réellement aussi dangereuses, la NASA aurait choisi d’aller sur la Lune avec une fusée propulsée par de la poussière ! »
L’idée derrière cette plaisanterie est que, même si les dangers liés aux poussières combustibles sont bien réels, il existe également une tendance à surestimer le risque, car les évaluations reposent généralement sur des critères qualitatifs.
Il existe une littérature abondante sur les explosions de poussières, dont une grande partie repose sur des recherches expérimentales solides. La NFPA a récemment publié une excellente norme qui traite le sujet de manière très complète :
NFPA 660:2025 – Standard for Combustible Dusts and Particulate Solids
La NFPA 660 est une norme consolidée qui regroupe des exigences auparavant réparties entre plusieurs normes NFPA relatives aux poussières combustibles, notamment la NFPA 652 – Standard on the Fundamentals of Combustible Dust, ainsi qu’un certain nombre de normes spécifiques à certains secteurs industriels ou types de matériaux.
Lorsqu’on évalue le risque d’explosion provoqué, par exemple, par une fuite de gaz provenant du skid d’alimentation en gaz d’un four, les normes techniques fournissent des méthodes quantitatives relativement bien définies. Les débits de fuite peuvent être calculés à l’aide d’équations issues de la mécanique des fluides et de la thermodynamique.
Dans le cas des poussières, la situation est souvent assez différente. L’évaluation repose beaucoup plus fréquemment sur des critères qualitatifs et sur le jugement technique.
Un exemple souvent cité est celui d’une couche relativement mince de poussière combustible — parfois décrite comme une couche suffisamment épaisse pour pouvoir y écrire son nom avec un doigt — qui peut représenter un danger important si cette poussière est remise en suspension dans l’air.
Ce type de critère est utile pour identifier des situations potentiellement dangereuses. Cependant, lorsqu’il est appliqué sans tenir suffisamment compte des conditions réelles du procédé, des caractéristiques de la poussière, des quantités présentes, de la probabilité de mise en suspension et des sources d’inflammation, il peut conduire les praticiens à surestimer le risque réel d’explosion.
Cela étant dit, le mécanisme de base d’une explosion de poussières est assez facile à comprendre à partir de l’expérience quotidienne.
Tout matériau solide susceptible de brûler brûlera généralement d’autant plus rapidement que son degré de fragmentation est élevé. Un morceau de bois, une fois enflammé, brûle relativement lentement et libère son énergie sur une période relativement longue. Si ce même bois est découpé en petits morceaux, la combustion devient plus rapide, car la surface totale exposée à l’air augmente.
Si la fragmentation se poursuit jusqu’à produire de très petites particules — typiquement de l’ordre de fractions de millimètre — et que celles-ci sont dispersées dans l’air à une concentration appropriée, la surface disponible devient extrêmement importante. La combustion peut alors se produire très rapidement et l’énergie nécessaire à l’inflammation peut devenir très faible.
Si cette combustion rapide d’un nuage de poussières en suspension provoque une montée en pression suffisamment rapide, il se produit une déflagration de poussières et, notamment en présence d’un confinement, potentiellement une explosion de poussières.
Les matériaux susceptibles de provoquer des explosions de poussières combustibles comprennent notamment :
- Les matières organiques naturelles : farine, bois, textiles, sucre, etc.
- Les matières organiques synthétiques : matières plastiques, pigments organiques, pesticides, composés pharmaceutiques, etc.
- Le charbon et la tourbe
- Les métaux : aluminium, magnésium, titane, zinc, fer, etc.
La densité de la poudre pour le mélange à exploser